Vertigineuse | Françoise Pirart

De cet été sauvage, elle garderait le souvenir éclatant de leurs corps nus et brûlants dans la pénombre de la camionnette. [p. 7]
AVEC VERTIGINEUSE, Françoise Pirart signe un beau roman d’amour, une histoire plus ou moins improbable entre une illustratrice pour enfants et un ex-détenu. Si leur rencontre était a priori improbable et plus encore qu’ils se revoient, leur histoire suit par après un cours naturel, celui de l’amour et du désir, qui ne s’expliquent pas : « c’est abrupt, violent, magique » [p. 31]. En raison de ce passé carcéral, des silences demeurent et gangrènent quelque peu la relation entre ces deux personnages fragiles. Cela les rend humains et touchants, chacun à leur façon : Dorian, par sa fragilité sous la brutalité ; Siri, avec une faiblesse plus assumée et une force presque inconsciente, dont elle ne se doute pas. Les silences entretiennent aussi une part de suspense, de mystère peu à peu levé et bien distillé. C’est donc une lecture agréable, au fil de la passion, des doutes et des atermoiements amoureux ; presque un classique du genre, pourrait-on penser si cela s’arrêtait là.

Outre cette histoire d’amour, Françoise Pirart développe une fiction sur la prison et la peine de mort, notamment en racontant une exécution ratée aux États-Unis en parallèle du récit principal. Elle use en cela du même procédé que Victor Hugo racontant la dernière journée d’un condamné à mort : matérialiser cette justice et la montrer au lecteur, de façon peut-être un peu convenue mais tout de même frappante. La prise de position à cet égard est assumée par le personnage de Siri, à qui on n’oppose que des arguments faibles, du type « c’est comme ça ». Le message est univoque et clair de la part de l’auteur, qui l’intègre bien à sa fiction.
Mais dans ce cas, où se situait la justice des hommes, où étaient la compassion, la fraternité, le respect de la vie ? Jamais la potence, la guillotine ou la chaise électrique ne remplacerait la rédemption, la conscience lumineuse de l’humanité ! [p. 99]

Un roman agréable et engagé contre la peine de mort.

Vertigineuse - Wilquin

Vertigineuse de Françoise Pirart

Luce Wilquin (Avin), coll. Sméraldine, 2016 – 1re publication

* SP reçu de l’auteur *
* Le mois belge d'Anne et Mina *

2 commentaires:

  1. J'aimerais connaître la signification du titre (je devrais donc lire ce livre, j'ai compris) et je suis contente que tu termines ce mois sur une belle note.

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    1. C'est en effet mieux de lire le livre pour la signification du titre, il y en a plusieurs. ;) Une jolie découverte inattendue.

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