Guldentop | Marie Gevers

Mais, me direz-vous, quelle figure, quelle apparence, quelle stature a Guldentop ? Sous quelle forme le voit-on ? Chacun le voit d’une manière différente selon sa propre idée. Mais cela ne prouve pas qu’il n’existe pas. Concevez que j’existe, moi. Je suis une réalité. Eh ! bien, chacun me voit différemment pourtant. [p. 113]
AVEC GULDENTOP, sous-titré « Histoire d’un fantôme », Marie Gevers fait une nouvelle fois le récit de souvenirs d’enfance dans la maison familiale de Missembourg. Elle raconte diverses anecdotes mettant en scène ce fantôme, tantôt malicieux, qui retourne les vaches dans l’étable, tantôt bienveillant, qui étend un édredon sur une enfant malade pendant la nuit, ou encore tantôt vengeur et apportant le malheur, lorsqu'une de ses complices est renvoyée.
Il ne faut jamais effrayer le vol du rêve avec le revolver de la réalité. Que faire de la vie si tous les Guldentop de l’enfance nous manquent ? [p. 120]
Pierre Halen évoque plusieurs pistes d’interprétation très intéressantes de l’œuvre dans la postface, comme l’opposition entre savoir et non-savoir, l’acceptation du mystère, ou le temps cyclique et le refus d’une évolution technologique matérialiste, entre autres. Personnellement, j’ai apprécié retrouver dans ces récits l’univers de Marie Gevers, plus brièvement décrit que dans d’autres romans (comme Madame Orpha et La comtesse des digues). On y perçoit à nouveau son attachement à la nature, à la campagne environnante ; les odeurs du soir et des changements de saison, comme les bruits nocturnes, bruissent en arrière-plan de chaque texte. L’appartenance paysanne et flamande de ses voisins se ressent également par des termes dialectaux employés dans les dialogues ou des accents particuliers. En conclusion, cela se lit donc très agréablement pour qui aime l’auteur, mais ne restera pas mon préféré parmi son œuvre.

Guldentop - Espace Nord

Guldentop. Histoire d’un fantôme de Marie Gevers, préfacé par Anne-Marie La Fère et postfacé par Pierre Halen

Labor (Bruxelles), coll. Espace Nord, 1991

1re publication de plusieurs versions augmentées : de 1922 à 1965

* Le mois belge d'Anne et Mina *

13 commentaires:

  1. Je ne connais pas du tout cet auteur, mais j'aime les histoires qui reviennent sur le passé et qui sont marquées par la nostalgie, ce qui me semble être le cas ici…

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    1. Pour le retour sur le passé et une nostalgie douce, je crois que l'auteur est tout à fait appropriée. Elle est peu connue, et je l'ai découverte grâce à une lectrice du mois belge. Je recommande en particulier "Madame Orpha", et "Vie et mort d'un étang" a souvent été cité et apprécié également.

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    2. Merci, je regarderais du coté de "Madame Orpha"

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  2. On dirait que ça ressemble à des contes donc pas pour moi a priori (et dommage qu'elle ne soit pas dans mon recueil, une façon douce de découvrir des écrivains).

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    1. Je ne les qualifierais pas de contes, c'est plus fantastique que merveilleux si on part par là et très réaliste, ancré dans le quotidien, malgré le fantôme. En ce qui te concerne, je craindrais le côté "mignon" plutôt que merveilleux.
      Je ne sais pas si Marie Gevers a écrit des nouvelles, il faudrait peut-être passer par une autre anthologie.

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    2. Le côté "mignon" :D Je vois un peu mieux le style (qu'elle a dans chacun de ses écrits ou pas ?)

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    3. La comtesse des digues et Madame Orpha m'ont semblé moins "mignons", je serais moins sceptique à leur sujet pour toi (deux histoires d'amour, par contre, tu supporteras ? ;))

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  3. D'après ton avis, je commencerai définitivement ma découverte de Marie Gevers avec "Madame Orpha" que je n'ai malheureusement pas pu lire pour cette année :-/

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    1. C'est celui avec lequel je l'ai découverte et que j'ai préféré. Tu as dû le rendre à la bibliothèque ? Ce n'est que partie remise. :)

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  4. Tiens, une petite incursion du fantastique chez Marie Gevers ? Voilà une idée très intéressante ! Je note ce titre pour un prochain mois belge !
    Et je te rejoins sur les dossiers en fin d'ouvrage des éditions Espace Nord : ils sont toujours passionnants ! C'est une chance de trouver un tel appareil critique dans une édition de poche contemporaine !

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    1. Une incursion fantastique, en quelque sorte, tout en restant dans l'esprit "superstitions des campagnes". Et tout à fait pour les appareils critiques ! Celui-ci était assez intéressant pour les profs, avec une proposition de parcours pédagogique.

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  5. Comme je te l'ai déjà dit, ce livre (dans une édition bien plus ancienne d'Espace Nord) est dans ma bibliothèque, je l'ai donc lu il y a longtemps mais ne m'en souviens plus ! Une relecture est peut-être utopique... :)

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    1. Il y a tant d'autres titres à lire... Et honnêtement, je ne dirais pas que celui-ci est indispensable.

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